



Songe débordant
La rivière sans sommeil
Sort de son lit
Jeune lila bleu
Par le doux printemps ému
Bourgeons qui pointent

De son regard noir
Mon café autoritaire
M’ordonne le réveil

Cheminées alanguies
Fument dans le matin d’hivers
Pour passer le temps
Téléphone éteint
Les mots qui disent le silence
Attendront demain


Jolie Joliette
Habillée de sa Major
cherche son Ruméo
Frêle demoiselle
A tant manger de siècles
On devient Notre Dame


Accablé par le ciel
Le matin gris et terne
Reste sous sa couette
Cerisier en fleur
Hésite entre deux saison
Neige des pétales
Une triste gamelle
s’apitoie sur son vide
miaulant qu’on la remplisse
Fachés et perdus
Les bras du fleuve après l”île
Etreinte nouvelle
Cheminée solitaire
Attend patiemment son heure
Qu’on lui fasse du feu


Lendemain d’ivresse
La dure pichenette
Du rayon sobre
Pourpre bordeaux et carmin
Rugi du bas ventre jusqu’aux reins
Hydre menstrueux vilain
Fragile écrin visible
La brume sur la Loire révèle
Ce qu’elle veut caché
Imperturbable
Le sage rocher veille
Sur son troupeau d’écume
Haut l’oiseau de fer
Brillante illusion du ciel
Naïfs cormorans
Contre la froide roche
La mer dans son armure d’argent
Sempiternelle guerre